Jeune entrepreneur et écrivain à succès, Yoann Allardin est un nouveau venu de marque sur la plateforme Wooskill. Passionné par la mémoire, le cofondateur de la plateforme Clever a accepté de répondre à nos questions afin de mieux comprendre son parcours et l’origine de son talent.

Pour commencer, parlez-nous de votre parcours scolaire et professionnel…

J’ai étudié à l’EM Lyon, une grande école située dans la région lyonnaise, après deux ans de classe préparatoire. Par la suite, j’ai eu la chance de travailler dans le domaine de l’aérospatial et pour un laboratoire de recherche en sciences du numérique. Aujourd’hui, je forme des étudiants, des professionnels, des curieux ou encore des personnes âgées à l’Art de la Mémoire. J’ai créé l’entreprise Clever avec un ancien partenaire de prépa et ami, Valentin Michel. Avec Clever, nous voulons rendre ses lettres de noblesse à la mémorisation.

De manière générale, je suis quelqu’un d’assez éclectique, attiré par des sujets, tous différents les uns des autres. Je pense que dans notre travail, on s’embête moins si on change régulièrement et si on découvre de nouvelles choses.

D’où est né un tel intérêt pour la mémoire ?

Ce vif intérêt a commencé durant mon passage en classe préparatoire. Quand on apprend les 50 premières décimales de Pi, il y a comme un déclic dans notre cerveau. On se sent capable de réaliser des choses qui semblaient encore inaccessibles. Dans la vie quotidienne, il y a plein de champs d’application pour la mémorisation, que ce soit à l’école, dans la vie professionnelle ou pour les personnes âgées. La mémoire est un axe complètement abandonné dans notre société mais, il a un beau futur devant lui. C’est un domaine qui touche tout le monde : hommes et femmes, petits et grands, les jeunes et les plus vieux…

“Écrire un livre est aussi une preuve de légitimité dans le monde professionnel”

Yoann Allardin

Dites-nous en plus sur votre livre

Notre livre, à mon co-auteur Valentin Michel et moi, se nomme “Révélez les super pouvoirs de votre mémoire” et est paru chez Dunod. Il explique les grandes méthodes utilisées par les athlètes de la mémoire et regroupe des astuces et conseils pour améliorer sa mémoire au quotidien. Il est composé de quatre grandes parties. La première traite du cerveau et du fonctionnement de la mémoire, une autre dédiée aux étudiants et à l’apprentissage de leurs cours, les dernières sont axées autour des professionnels et de la vie quotidienne.

On a commencé à écrire notre livre en 2018, la phase d’écriture a duré un an, puis il nous a fallu trouver un éditeur. Ce n’est pas chose facile, mais la maison Dunod nous a tendu la main. Écrire un livre est aussi une preuve de légitimité dans le monde professionnel. Avec cet ouvrage, nous avions envie de nous adresser en particulier à des étudiants : certains jeunes sont dans la même situation que nous et la plupart n’ont jamais entendu parler de ces méthodes.

Quelles sont les sensations d’écrire un livre et de le voir publier ?

Les sensations à l’écriture sont très ambiguës. Il y a évidemment une forme de satisfaction à la sortie de l’ouvrage, mais aussi pas mal de frustration, car on ne peut pas tout mettre, il y a des coupures à faire. Le principal étant que nous ayons réussi à mettre des mots sur ce que l’on avait en tête et à transmettre nos découvertes en matière de mémoire.

Des conseils pour améliorer sa mémoire ?

D’abord, quand il s’agit de travailler et d’apprendre, il faut commencer par se mettre en condition. Ne pas garder le téléphone auprès de soi, se mettre à l’écart du bruit et éliminer les sources de distraction potentielles. Il faut ralentir son rythme et voir cette activité d’apprentissage comme un défi et non comme une contrainte. Quand vous avez une liste à retenir, par exemple une liste de course, il ne faut pas voir cela comme une liste. Le but est de mettre “cette liste” en image et de créer une histoire avec.

Petit exemple : vous devez acheter des haricots, un parasol, du dentifrice et du beurre. Commencez par imaginer un haricot magique, il pousse et vous grimpez dessus. Ensuite, grâce au beurre, vous pouvez descendre très vite dans un toboggan beurré. À la sortie du toboggan, vous sautez sur le parasol. Cela vous permet de rebondir et de sauter à nouveau afin de terminer votre aventure en plongeant dans une piscine de dentifrice.

Le fait d’imager des objets dans une histoire un peu absurde permet de retenir sans problèmes jusqu’à 20 éléments. Cette méthode s’appelle le link system et s’avère être un moyen mnémotechnique très facile à mettre en œuvre au quotidien.

“Nous avons une mission, on ne cherche pas à vendre pour vendre”

Yoann Allardin

Parlez-nous de Clever

Clever a aujourd’hui un an et demi. Au départ on s’adressait naturellement aux étudiants, mais aujourd’hui on vise le grand public. On a vécu une belle expérience avec la mémoire et on souhaite réellement que cela ait un impact sur la société. Nous ne sommes pas une entreprise type, nous avons une mission et on ne cherche pas à vendre pour vendre. Nous sommes passés du nom de Memorease à Clever, qui est plus compréhensible et impactant pour la scène internationale.

Quel est votre avis sur les méthodes traditionnelles d’apprentissage ?

Tout dépend ce que vous appelez “méthode traditionnelle”. C’est simple, apprendre par cœur n’est pas une méthode. Attendre qu’un texte, un cours, un prénom ou autre entre par magie dans sa mémoire n’est pas une méthode. Je considère qu’il faut apprendre aux gens à mémoriser comme on apprend à marcher, parler ou encore faire du vélo.

Il y a une phase d’apprentissage, d’entraînement et aussi d’échec, mais c’est normal. Aujourd’hui, avec l’expérience, je peux facilement retenir 100 chiffres aléatoires en quelques minutes. On a besoin de méthode et le fait est qu’aujourd’hui l’école ne nous apprend pas à apprendre. C’est discriminant parce que ceux qui n’ont pas une mémoire performante à la base sont laissés sur le côté.

Vous entretenez une passion pour les répliques de nano satellite ? Pourquoi ?

Dans ma vie, j’ai deux passions, la mémoire et l’espace. J’ai travaillé aux États-Unis sur un nano-lanceur de satellites, dans le désert. Grâce à cette expérience, j’ai obtenu l’autorisation de vendre des maquettes de nano satellite. J’ai maintenant un atelier où nous vendons ces maquettes en kit. Ce sont des produits de qualité, qui demandent un certain budget. Elles sont surtout dédiées aux amateurs.

Donnez-nous votre avis sur Wooskill et son concept

Sans être dans le cliché, je trouve que le concept de Wooskill est une très bonne idée. Mettre des compétences et des savoir-faire à destination du plus grand nombre est une excellente idée. Avec Clever, on se retrouve un peu dans Wooskill, je pense que nous partageons des valeurs communes. On souhaite aider le plus grand nombre.

Pour conclure cette interview, je vous laisse le dernier mot

J’aimerais finir sur une citation que j’adore et qui est présente dans le livre. Elle vient d’Arturo Toscanini, un célèbre chef d’orchestre italien “Il y a deux sortes de chefs d’orchestre : ceux qui ont la partition dans la tête et ceux qui ont la tête dans la partition.” C’est exactement la même chose avec la mémoire : soit tu subis sans cesse tes défaillances, soit tu apprends une bonne fois pour toutes à en faire une force.