Doté d’un parcours professionnel fabuleux, le chef Mickaël Alix est aujourd’hui un skiller réputé dans l’univers Wooskill. Amoureux de la cuisine traditionnelle française et bon vivant, ce cuisinier et maître crêpier de 49 ans a accepté de répondre à nos questions pour mieux comprendre son parcours, sa passion et l’origine de son talent.

Pour commencer, parlez-nous de votre parcours scolaire et professionnel…

Globalement, mon parcours est une combinaison d’expériences, rencontres et beaucoup de travail. D’abord, j’ai été motivé par le côté technique de la cuisine, mais aussi, et surtout j’adore manger !

J’ai arrêté l’école très tôt et hormis un bac pro en cuisine obtenu à l’institut Paul Bocuse, je n’ai pas fait de grandes études. Là-bas, j’ai eu la chance d’avoir des professeurs excellents, parmi eux des meilleurs ouvriers de France, mais aussi un compagnon du tour de France* qui m’ont transmis leurs savoirs incroyables.

J’ai quitté rapidement le cocon familial pour rejoindre plusieurs maisons renommées comme la maison Lenôtre, au Royal, le palais de l’Élysée et le Ritz à Paris. Toutes ces expériences m’ont donné envie d’évoluer dans ce milieu. J’ai donc pris la décision d’ouvrir une crêperie puis un bistrot français en Croatie.

Dans ma vie, j’ai toujours souhaité saisir les opportunités qui s’offraient à moi. Il faut constamment saisir sa chance et ne pas avoir peur. Par exemple, lors d’un dîner avec ma femme au Ritz, je n’ai pas hésité à aller parler au chef Nicolas Sale. De fil en aiguille, j’ai réussi à intégrer la brigade de ce grand restaurant gastronomique.

Finalement, j’ai vraiment eu un super parcours, épaulé par des gens fantastiques qui m’ont transmis leur savoir.

« La crêpe et moi, c’est avant tout une histoire de passion »

MICHAËL ALIX

D’où est née cette vocation pour la crêpe ?

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Une crêpe de Chef Alix

Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, je mange des crêpes. J’ai le souvenir de ma grand-mère qui me préparait des crêpes, donc l’amour pour ce produit est en moi depuis petit. Cette vocation, j’ai eu l’envie de la développer et j’ai suivi une formation de trois semaines pour devenir maître crêpier.

Comme je n’aime pas faire les choses à moitié, à la suite à ma formation je suis parti à la rencontre du meilleur crêpier de Bretagne pour qu’il m’apprenne l’art de la crêpe dans son ensemble afin de devenir Maître crêpier. Tout ce travail et ses sacrifices ont été payants, car juste après avoir ouvert ma crêperie, le président du Gault & Millau est venu en personne me remettre un prix. Je faisais partie des 50 meilleures crêperies du monde.

Donc la crêpe et moi, c’est avant tout une histoire de passion. Dans la gastronomie française, il ne faut pas oublier que la crêpe fait partie du top 3 des plats préférés des Français, avec le bœuf bourguignon et le coq au Vin.

Comment était votre expérience au Palais de l’Élysée ?

Concernant mon histoire à l’Élysée, je ne peux pas tout dire. J’ai signé un document qui me tient au secret professionnel. C’était vraiment une chance incroyable de travailler là-bas, j’étais entouré de deux chefs cuisiniers qui ont 35 ans de métiers et qui maîtrisent la cuisine traditionnelle à la perfection. Grâce à eux, j’ai pu apprendre de nouvelles techniques culinaires.

Petite anecdote, lors d’un évènement spécial, nous avons dû cuisiner assez rapidement près de 300 poulets, 900 foies gras, etc. C’était une sacrée expérience et il fallait assurer, pas le temps de discuter ce jour-là ! L’Élysée reste une expérience fantastique pour moi, c’était très formateur. Chaque jour, on cuisine plusieurs menus et chaque jour c’est quelque chose de nouveau.

Pourquoi avoir choisis la Croatie pour ouvrir vos deux restaurants ?

C’est très simple, mon histoire avec la Croatie a commencé par une histoire d’amour avec une femme et s’est terminée avec la transmission de mon savoir sur la gastronomie française. Je faisais découvrir la richesse culinaire française aux touristes et aux croates. C’était une super expérience et en seulement un an, j’étais très bien classé sur TripAdvisor, dans le top 3 sur 800 restaurants. Ça prouve une chose, si les gens mangent bien et passent un bon moment, ils s’en souviennent.

Je me rappelle d’un commentaire sur internet, écrit par des bretons. Ce message disait, « C’est quand même dingue, il faut venir en Croatie pour manger les meilleurs crêpes du monde ». J’étais en quelque sorte le porte-drapeau de la gastronomie française, mais je suis un citoyen du monde, j’aime vivre partout. Quand j’arrive dans un nouveau pays, je m’adapte et j’essaie de comprendre leur culture.

Avec le recul, mon aventure en Croatie était une belle expérience sur le plan humain et culinaire. Mais financièrement parlant, c’était plus difficile.

Comment était l’état de la crise sanitaire en Croatie ?

Dans l’Hexagone ou en Croatie, la situation est très difficile pour les restaurateurs. À la différence de la France, la Croatie n’aide pas financièrement les restaurants. Quand ça va rouvrir, il y aura malheureusement de la casse. Donc oui, la situation était difficile pour moi là-bas, sachant qu’en plus la Croatie n’est pas un pays riche, l’État croate n’a pas les ressources pour aider financièrement ses restaurateurs, sinon elle le ferait, j’en suis sûre. Face à cette situation, je devais trouver une solution.

« Grâce à Wooskill je peux interagir, communiquer et cuisiner avec les gens »

MIchaël ALix

Aujourd’hui, de retour en France, quels sont vos projets ?

Comme beaucoup, je suis bloqué à Paris, alors je passe du temps dans ma cuisine et sur Wooskill. Je propose régulièrement des masterclass et propose des cours particuliers en ligne, en visio conférence, il suffit de prendre rendez-vous en ligne avec moi. Grâce à Wooskill je peux interagir, communiquer et cuisiner avec les gens. Pour moi, ce concept est vraiment super, j’ai hâte que la start-up continue d’évoluer pour pourquoi pas la retrouver dans d’autres pays.

Concernant mes projets, évidemment, j’en ai quelques-uns en tête. Si j’ai les finances, j’ai l’envie d’ouvrir une crêperie, ici en France. Cette idée m’est venue après avoir mangé dans trois crêperies avec ma fille, j’ai vraiment été déçue. La crêpe est un mets magnifique que certains restaurateurs négligent.

Quel serait votre “dernier mot” ?

Pour conclure, je souhaiterais partager une citation qui me plaît et que j’adore transmettre aux autres. Paul Bocuse disait : « Classique ou moderne, il n’y a qu’une seule cuisine… La Bonne. »

*professionnel très qualifié qui transmet son savoir